La carte de presse chez nos voisins européens

22 mai 2018
La carte de presse : comment ça marche chez nos voisins européens ?

Crédit: Celso FLORES / CC BY 2.0

En France, la carte de presse constitue un pilier du métier de journaliste depuis 1936. Mais
qu’en est-il du côté de nos voisins européens ? Tour d’horizon des pays limitrophes de
l’Hexagone.

Suisse, 5e . Belgique, 7e . Italie, 46e . C’est le classement 2018 de la liberté de la presse, dévoilé par Reporters Sans Frontières. Le point commun entre ces pays ? Ils sont voisins de la France, classée 33e . Et au même titre que l’Allemagne (15e), l’Espagne (31e) ou le Royaume-
Uni (40e), ils abritent des dizaines de milliers de journalistes. Pour ceux-ci, la carte de presse est une véritable carte d’identité. Sur l’ensemble du Vieux-Continent, le précieux sésame se dévoile sous des formes différentes. Cependant, parfois, il n’existe pas de façon officielle. Quand elle est dégainée, la carte de presse offre de nombreux avantages, mais est aussi issue d’un cheminement propre à chaque pays. Les instances qui la délivrent sont reconnues et assurent un grand nombre de garanties aux détenteurs du papier. Un triptyque crucial chez les Helvètes, plusieurs statuts dans le plat pays, une loi fondatrice sur la Botte et le NUJ du côté de la Perfide Albion en passant par les six piliers allemands… À chacun ses conditions pour obtenir une carte, qui n’existe pas de l’autre côté des Pyrénées. En route !

Suisse : trois conditions pour une carte

En Suisse, la carte de presse s’obtient en remplissant trois conditions. Elles sont définies conjointement par les trois syndicats nationaux : le Syndicat suisse des mass media, Impressum et Syndicom. Le site du SSM détaille ces critères. Le premier est « d’être membre du Syndicat suisse des mass media ». Le site indique qu’il faut ensuite « exercer une activité principale comme professionnel(le)s de médias depuis deux ans au moins pour un ou plusieurs médias produits selon des critères journalistiques ». Enfin, troisième et dernière condition, « reconnaître par sa signature la Déclaration des devoirs et des droits des journalistes ». Le coût est de 60 francs suisses par an.

Belgique : une carte et deux statuts

L’Association des Journalistes Professionnels du plat pays définit que « tout journaliste professionnel agréé reçoit un numéro d’agrégation et une carte plastifiée ». Elle s’obtient après deux ans d’une activité principale dans le journalisme. En Belgique, la carte de presse permet de faciliter les contacts et sert de laissez-passer. Parmi les conditions à remplir et à fournir dans le dossier, le journaliste doit notamment renseigner des preuves de rémunération et un échantillon d’articles écrits sur cette période de deux ans. À noter que le processus d’obtention diffère entre les journalistes d’informations générales et ceux de presse périodique spécialisée. Pour ces derniers, les demandes sont scrutées par une commission consultative périodique. La vignette de validation laissez-passer coûte 40€.

Allemagne : six associations la reconnaissent

La carte de presse est exclusivement utilisée par les six associations de médias du pays. Dont la plus imposante, la DJV (Association des Journalistes Allemands). L’Union des Journalistes Allemands (DJU) mais également Freelens font partie de ce groupe qui offre le sésame exclusivement aux journalistes à temps plein. Elle n’est pas obligatoire. Mais la DJV informe sur son site que la carte de presse permet « d’être accrédité pour le Bundestag ou le Landtage. Les autorités doivent fournir aux journalistes des informations gratuites et répondre aux questions ».

Italie : une loi pour une carte

De l’autre côté des Alpes, tout est prévu grâce à une loi, qui a créé un ordre des journalistes composé d’un conseil national qui délivre la carte de presse. L’article 45 de celle-ci en fixe les conditions. La pratique de la profession est exclusive aux personnes inscrites au registre de cet ordre. Il existe trois catégories. Les professionisti, qui pratiquent le métier de journaliste de façon exclusive. Les pubblicisti, qui exercent une autre profession en plus de journaliste. Enfin, les praticanti, qui débutent dans le métier.

Royaume-Uni : le NUJ en plaque tournante

Outre-Manche, le « National Union of Journalist » délivre les cartes de presse dans tout le royaume. Celles-ci sont officiellement reconnues par toutes les forces de police du Royaume-Uni et d’autres organismes publics. De facto, c’est un outil de travail indispensable pour les journalistes. Le syndicat les délivre à ses membres. Plusieurs cartes existent, mais sont toutes délivrées par le NUJ. En plus de la « UK Press Card », des cartes de presse exclusivement réservées aux étudiants sont également distribuées.

Espagne : le laxisme face à la rigueur

Face à la rigueur de certains de ses voisins dans l’obtention de la carte, l’Espagne répond par un certain laxisme. Il n’y a tout simplement pas de régulation ni obligation autour de l’activité du journalisme. Seule l’entreprise qui emploie peut se permettre de délivrer une « carte maison », mais aucune n’est reconnue à l’échelle du pays. Le mot « periodista » (journaliste) est donc utilisé de façon abusive et ne reflète pas réellement avec le métier tel qu’il est défini en France ou en Allemagne par exemple.

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