Un rugby plus dangereux pour les joueurs

13 décembre 2018
Le rugby devient de plus en plus dangereux pour les joueurs, causant des accidents vitaux pour certains

Le rugby devient de plus en plus dangereux pour les joueurs, causant des accidents vitaux pour certains/ Photo, AL.R.

Le rugby est en deuil depuis le mercredi 12 décembre. Un jeune espoir de 19 ans du Stade-Français, a été victime d’un arrêt cardiaque à la suite d’un violent choc face aux espoirs de l’UBB à Bordeaux, dimanche 9 décembre. Signe d’un jeu de plus en plus brutal ?

« Le rugby a énormément changé depuis ces 30 ;40 dernières années », constate Michel Loussert, ostéopathe du sport à Toulouse et membre de l’association Gentleman V nation. Résultat : la multiplication d’accidents dont celui de Nicolas Chauvin, joueur de 19 au Stade-Français, victime d’un arrêt cardiaque quelques jours après avoir subi un violent choc sur le terrain. Le second décès en quelques mois, après celui de l’aurillacois Louis Fajfrowski en août à la suite d’un plaquage brutal ayant provoqué un traumatisme thoracique. « Deux jeunes espoirs du rugby décédés en quelques mois, c’est affolant », confie l’ostéopathe. En effet, avec le travail des rugbymen sur le physique et la tendance de jeu rapide au contact, le rugby aujourd’hui est « plus violent ». Michel Loussert, passionné de rugby, ayant soigné des joueurs du Stade Toulousain, a remarqué l’évolution. « Le fait que le style de jeu a changé et qu’il y a une augmentation du temps de jeu rend les joueurs plus vulnérables. Il y a beaucoup plus d’impact. » Ce qui expliquerait les nombreux accidents chez les jeunes joueurs qui « ne sont pour la plupart du temps pas assez gainés comme des adultes ».

Limiter les accidents graves

« C’est très impressionnant. Il n’y a pas un match où un joueur ne sort pas pour protocole commotion », déplore Michel Loussert. Cette procédure mise en place il y a deux ans permet de prévenir les risques d’accidents, en augmentation depuis ces dernières années.  L’objectif est d’identifier toute commotion subie sur un terrain et empêcher le joueur de prendre des risques en le contraignant à un retour progressif à son activité, en fonction de ses symptômes. Depuis la saison 2012-2013, l’observatoire médical chargé de suivre les « événements médicaux » du championnat français, le Top 14 a recensé plus de 2 000 sorties de terrain, toutes blessures confondues.
Une solution qui permet de rassurer certains rugbymen, comme Théo Darressy, joueur espoir de 19 ans au centre de formation de Colomiers Rugby. « Le protocole commotion, c’est une très bonne chose. Dès que quelqu’un prend un gros choc, il est immédiatement surveillé dans les jours qui viennent, le staff prend beaucoup de précautions. » Des risques qui sont bien connus par les joueurs. « Il y a toujours eu des accidents. Il faut avoir une hygiène de vie absolument irréprochable. Et pour la prévention, il y a les casques et les protèges-dents », reconnaît le jeune joueur.

Anne-Lyse Raymond

En seconde année de prépa à l'Isjt, et correspondante au journal Centre Presse à Rodez, depuis Avril 2016. Ex-stagiaire à la Dépêche du Midi. Passionnée de sport et de politique.

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