Comment le métro a enterré le tramway

28 mai 2019
Un tramway approche une station sur le point pont Saint-Michel à Toulouse.

Le tramway traverse la Garonne pour venir au centre-ville de Toulouse. / Photo : Bryan Faham

Durant sa phase d’enquête publique à Toulouse, le tramway a fait l’objet de plusieurs projets. Mais son développement a été abandonné au profit de la troisième ligne de métro.

Cinquante-trois ans après avoir renoncé au tramway, la Ville de Toulouse l’a remis en service fin 2011. Après près d’un siècle de bons et loyaux services, le tramway ne faisait plus le poids face au boom de la voiture individuelle et au développement des autobus. Au cours des années cinquante, les lignes de tramway ont progressivement été remplacées par des lignes de bus, jusqu’à l’extinction du service le 7 juillet 1957. Le 11 décembre 2011, la nouvelle ligne T1 relie le lycée des Arènes à Toulouse, à Blagnac et Beauzelle dans le nord-ouest de l’agglomération. À peine inauguré, qu’un projet de prolongement du tramway vers le centre-ville était déjà sur les rails. Celle qui était surnommée ligne Garonne, ou ligne G (parce qu’elle traverse le fleuve du même nom), va aujourd’hui jusqu’au niveau du Palais de justice. D’autres tracés auraient été envisagés.

Notamment un passage par le Stadium. Mais il a été constaté que dans d’autres villes, les stations à proximité d’un stade sont fermées durant des matches pour des raisons de sécurité. L’idée d’un prolongement jusqu’à la gare Matabiau, en longeant le canal du Midi, a aussi été envisagée. Cela aurait permis une liaison directe entre la gare et l’aéroport Toulouse-Blagnac, vers lequel une extension a été construite à l’autre bout de la ligne.

Pas d’intérêt en termes de fréquentation

« Il y avait bien un projet consistant à prolonger le tram jusqu’à la gare Matabiau. Mais il a été retiré lorsqu’est entré en vigueur un nouveau plan de déplacements urbains après l’élection de Jean-Luc Moudenc à la Mairie de Toulouse », se souvient le président du comité de quartier de Saint-Michel, Guillaume Drijard.

Jean-Luc Moudenc (LR), élu au Capitole en 2014, a fait de la troisième ligne de métro son projet phare, une promesse de campagne même. Un projet qui consommerait l’essentiel du budget alloué aux transports. Le maire confirmait ainsi, en avril 2014, dans les colonnes de La Voix du Midi : « Le développement du tramway à Toulouse va effectivement s’arrêter après la livraison de la ligne Envol (NDLR : le nom du projet de prolongement du tramway) ».

Le projet de prolongement du tramway vers la gare Matabiau s’est révélé trop cher et a été abandonné, comme toute autre idée de son développement au profit du métro. Pour rappel, le Syndicat mixte des transports en commun Tisséo a investi 213 millions d’euros dans la première ligne de tramway. Plus 115 millions d’euros pour les extensions jusqu’à l’aéroport et le Palais de justice. À titre de comparaison, le dernier plan de financement de la troisième ligne de métro, daté de ce début d’année, est évalué à 2,7 milliards d’euros.

Un autre projet s’est en partie faufilé entre les mailles du filet. Les rails sont installés, mais pas la station. « C’était pour construire une station au niveau du Muséum. Mais ça n’avait pas d’intérêt en termes de fréquentation si ça n’allait pas plus loin », précise Guillaume Drijard. Ce tronçon entre le Palais de justice et Grand Rond, faisait partie des réserves émises par le commissaire enquêteur chargé de juger de l’utilité publique du projet de prolongement du tramway.

C’est ainsi qu’après avoir été barré par la voiture et le bus en 1957, le tramway n’a cette fois pas fait le poids face au métro.

Bryan Faham

Étudiant en troisième année de journalisme, j'écris aussi des news business pour Freshr.

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