7 février 2018

Zones défavorisées : les agriculteurs en colère bloquent le périphérique toulousain

Tracteurs, bottes de foin et blocage des accès autoroutiers… Cet après-midi, les agriculteurs étaient une cinquantaine sur l’échangeur de Balma-Gramont pour manifester contre la carte des futures zones agricoles défavorisées. Celle-ci réduirait le nombre de communes éligibles à certaines aides européennes et provoquerait, selon eux, leur perte.

«Ils sont en train de crever l’agriculture». Les éleveurs d’Occitanie ne décolèrent pas. Aujourd’hui, finies les opérations escargots, ils sont passés à la vitesse supérieure et ont bloqué le périphérique toulousain. Un moyen de se faire entendre avant la réception d’une délégation au ministère de l’Agriculture et d’une rencontre des éleveurs avec les députés à l’Assemblée nationale. «Si on n’obtient pas gain de cause, le mouvement va se durcir et on ne répond plus de rien. Parce que des agriculteurs qui sont poussés à bout, c’est difficile à maîtriser», annonce Marie-Thérèse, céréalière. Pour les agriculteurs, la réforme des zones défavorisées va conduire à leur disparition. «À force de nous enlever des aides, on ne pourra plus suivre économiquement. On disparaitra tous. Bientôt il n’y aura plus que des jachères, des friches, des broussailles», ajoute-t-elle.

Plus de précisions avec cette syndicaliste de la FNSEA au micro de Mathieu Vergez.

 

Michel, agriculteur-éleveur à Ste Foy d’Aigrefeuille pense perdre 5000 euros d’aides par an, revenu qui lui permet de rembourser ses emprunts

«L’avenir s’envisage mal»

«Sur une année, la chambre d’agriculture a calculé que c’était une perte d’environ 1,2 million d’euros par an. De mon côté, je pense perdre 5 000 euros d’aides par an». Michel, éleveur de vaches à viande et céréalier à Sainte-Foy d’Aigrefeuille, craint pour la pérennité de son exploitation. «Ces aides me servent à compléter mes revenus et sans ça,  ça va être difficile de s’en sortir avec tous les emprunts», ajoute-t-il. Alexis, 18 ans, en BTS Gestion, se questionne sur son avenir professionnel. «On avait 10 000 euros d’aide par an. C’était le seul revenu qu’on avait. J’aimerais reprendre l’exploitation de mes parents, mais sans les aides c’est même plus la peine, je peux faire autre chose». Pour d’autres, l’espoir n’est plus d’actualité même si la nouvelle carte n’est pas adoptée. «Je suis en train d’arrêter mon exploitation laitière. Pour moi l’avenir, il n’y en a pas», déplore Frédéric éleveur à Bizet-sur-Tarn. «L’agriculture est en souffrance et les agriculteurs aussi».

L’éleveur est au micro de Mathieu Vergez

 

 

Héloïse Thépaut

Etudiante à L'ISJT, noircisseuse de papier et féministe

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