Un dictionnaire des anglicismes : « Il était grand temps ! »

30 janvier 2019
Henri Goursau, dictionnaire des anglicismes 2019

Henri Goursau, l’auteur du dictionnaire des anglicismes, janvier 2019 crédit photo : Henri Goursau

Le dernier dictionnaire d’Henri Goursau vient de sortir en ce mois de janvier 2019. Ce nouvel ouvrage recense et définit 5000 anglicismes présents dans la langue française. Son objectif : aider à la compréhension de ces nouveaux mots venus d’outre-Atlantique.

« Les anglicismes dans les médias, on ne voit quasiment que ça », constate Henri Goursau. L’auteur, et également éditeur, vient de sortir son dernier ouvrage, le dictionnaire des anglicismes. Après une lecture d’un article sur internet, Henri Goursau réalise que personne n’avait, à ce jour, défini sur papier le sens exact de ces termes venus d’Angleterre et des États-Unis. « Pourtant, ce sont 60 000 mots de notre vocabulaire courant soit 2,5% », s’est-il exclamé. Le problème, selon l’auteur, est que « tout le monde les utilise, mais personne n’en connait le sens exact, il fallait que quelqu’un fige des définitions ». L’autres soucis, pour ce dernier, est également «l’utilisation à outrance des termes anglais lorsqu’une traduction exacte est disponible » ajoute-t-il. Il se lance alors dans deux longues années de recherches avant de sortir, ce janvier 2019, un dictionnaire de 370 pages de 5000 anglicismes.

« La langue française évolue avec le progrès »

Dans sa catégorie Dire, ne pas dire : Neologismes et anglicismes de son site internet, l’Académie française tente de franciser ces termes. En revanche, pour Henri Goursau, « il est déjà trop tard ». La profusion de ces mots anglophones serait due au « rayonnement culturel des Etats-Unis » et ses avancées technologiques « notamment dans la Silicon Valley ». Il continue, « la langue française évolue avec le progrès, ce qui explique son américanisation ». De plus, ce phénomène aurait été amplifié par « le manque de traducteurs » dans les entreprises multinationales. L’auteur prend l’exemple de Boeing où, il y a quelques années, des « bureaux d’études étaient tenus pour traduire les documents américains pour les ouvriers français », ce qui n’est plus le cas aujourd’hui.  Toutefois, il ne « faut pas avoir peur » de ces anglicismes. « Si la langue française s’enrichit, c’est qu’elle est en vie ».

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