Garder trace du passé

30 janvier 2018

Série art urbain, graff sur la résidence des Floralies à Ramonville St Agne. Crédit / Gaëlle Avan

Dès demain et jusqu’à samedi, débute la semaine des Cultures Urbaines. L’événement, consacré aux arts de la rue actuels, fera intervenir une dizaine d’artistes et professionnels. Parmi eux, Gaëlle Avan, photographe, s’est attelée à la lourde tâche de répertorier et représenter les œuvres urbaines du département.

«Ça me faisait mal au cœur de voir qu’il y avait des fresques magnifiques qui étaient recouvertes. Je me suis dit : il faut prendre en cliché  tout ce qui a un sens, comme ça il y a la photo et ça reste». Gaëlle Avan, réalise un stock de photos sur un sujet, voué à disparaître. Cette mission s’inscrit dans la volonté des archives départementales de la Haute-Garonne de conserver des traces du patrimoine actuel. «J’ai des collègues qui prennent en photos des cabines téléphoniques, par exemple. Tous ces genres d’objets dont on ne se souviendra plus dans 100-150 ans». De son côté, la photographe a sélectionné deux thèmes pour sa mission. «J’ai choisi la publicité murale parce qu’à l’occasion de travaux d’immeuble, notamment de peinture; cela disparait. Je trouvais ça dommage. Et, pour les graffs, c’était pareil». La jeune femme a alors décidé de répertorier toutes les œuvres murales «de Luchon à Toulouse», et a photographié pas moins de 550 œuvres.

« Deux ans et demi de travail »

«J’ai du contacter les marques ou les ayant droit des marques pour les publicités murales. Et, j’ai essayé de contacter tous les graffeurs que j’ai pu identifier pour pouvoir déterminer qui était l’auteur de chaque œuvre et en quelle année elle avait été peinte». Après avoir réalisé la photo, Gaëlle va faire un travail de recherche en vue d’obtenir toutes les informations sur l’œuvre capturée, pour les générations futures. La photographe a donc fait preuve d’ingéniosité. «Parfois je n’arrive pas à savoir qui à réaliser une œuvre et je demande aux graffeurs, avec lesquels je suis en contact, s’ils savent qui aurait pu la réaliser, j’essaye de faire jouer un peu les réseaux même si ça ne marche pas toujours».

Héloïse Thépaut

Etudiante à L'ISJT, noircisseuse de papier et féministe

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